AfrikMed, quand les médecins reprennent la main sur l'info santé

AfrikMed, quand les médecins reprennent la main sur l'info santé

Publié hier

Sur les réseaux sociaux en Afrique, trouver un bon conseil médical relève du parcours du combattant. Selon une revue systématique de l'OMS, jusqu'à 60 % des publications santé sur les plateformes sociales contiennent des informations inexactes ou trompeuses. En parallèle, la part des Africains s'informant régulièrement via les réseaux sociaux est passée de 22 % à 45 % entre 2014 et 2023 (source: IDRC). Le résultat : des millions de personnes naviguent dans un flux d'informations médicales où le vrai et le faux se côtoient sans distinction. C'est ce problème qu'AfrikMed s'attaque à résoudre.

Dr Pechens Pokossy Doumbe, pharmacienne d'officine à Douala depuis 2013, a observé ce glissement depuis son comptoir. Des patients qui arrivent avec des certitudes glanées sur TikTok. Des dosages approximatifs. Des contre-indications ignorées. Elle commence à créer du contenu pour corriger, expliquer, rassurer. Puis elle réalise que sa seule voix ne peut pas couvrir la santé générale, la nutrition, la pédiatrie, la gynécologie et la santé mentale en même temps. Il faut un réseau.

AfrikMed, lancée en 2025, est la réponse à cette évidence. La plateforme agrège des contenus produits par des professionnels vérifiés : médecins, pharmaciens, nutritionnistes, psychologues, sages-femmes, dentistes, gynécologues. Chaque expert dispose de son propre espace de présentation. Les contenus sont classés par thématiques : santé générale, santé féminine, santé infantile, nutrition, santé mentale, beauté, bien-être. L'utilisateur arrive avec une question. Il repart avec une réponse signée par quelqu'un dont les qualifications sont vérifiables.

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La vérification des profils est le choix central du modèle. Dans un secteur où n'importe qui peut se présenter comme coach bien-être ou spécialiste en nutrition sur Instagram, c'est à la fois un engagement éthique et un argument commercial. « Mon ambition n'était plus seulement de partager mes propres connaissances, mais de rassembler un véritable réseau d'experts africains », explique Dr Pechens. Ce passage du "je" au "nous" est au coeur de ce qu'AfrikMed construit.

 

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L'interface, déjà visible, ressemble à ce que serait un média de prévention croisé avec un annuaire médical structuré : vidéos accessibles, articles classés, profils d'experts consultables, newsletter hebdomadaire. La plateforme n'est pas encore finalisée, mais elle fonctionne. Plusieurs professionnels y sont déjà référencés et actifs.

Le modèle économique vise plusieurs cibles : grand public, professionnels de santé cherchant à élargir leur audience, marques du secteur santé-beauté, partenaires institutionnels. C'est une architecture ambitieuse pour une startup en amorçage, et la fondatrice ne cache pas les défis : structurer le projet, constituer une équipe, financer le développement technologique. AfrikMed a la vision et le contenu. La prochaine étape est de construire l'infrastructure qui les portera à l'échelle.

L'ambition est panafricaine. AfrikMed cible d'abord les pays africains francophones avant d'élargir progressivement. Une logique de média : construire une audience de confiance dans un périmètre linguistique avant de négocier d'autres frontières culturelles.

Ce qu'AfrikMed pose comme question dépasse son propre modèle. Dans des contextes où les déserts médicaux sont réels et où les réseaux sociaux comblent le vide laissé par l'absence d'information accessible, construire une alternative fiable est un travail de fond. C'est aussi, quelque part, un acte de santé publique.

AfrikMed est incubée par Enovation Factory, incubateur partenaire de Hodi au Cameroun.

AfrikMed fait partie des startups accompagnées par Hodipulse_, le programme de présence en ligne dédié aux startups africaines en phase d'amorçage._

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