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Tier III : ce qu'un fournisseur cloud vous doit vraiment

Tier III : ce qu'un fournisseur cloud vous doit vraiment

Publié aujourd'hui

Dans notre dernier article sur la souveraineté numérique, nous évoquions des « datacenters Tier III locaux » pour décrire l'infrastructure sur laquelle Hodi opère.

La formule est passée presque inaperçue.

Elle mérite qu'on s'y arrête.

Parce qu'avant de demander à un fournisseur « êtes-vous Tier III ? », il faudrait peut-être poser une autre question :

à quel stade ?

La souveraineté numérique ne se résume pas à l'endroit où sont stockées les données. Il faut aussi regarder l'infrastructure qui les héberge, sa résilience, les conditions dans lesquelles elle est exploitée et les garanties apportées par l'opérateur.

C'est là que le système Tier, créé par l'Uptime Institute, devient intéressant.

Il classe les datacenters selon leur capacité à continuer de fonctionner face aux défaillances. Le Tier III repose notamment sur le principe de maintenabilité concurrente : les composants de capacité et les voies de distribution nécessaires peuvent être retirés pour maintenance ou remplacement sans interrompre les opérations.

Sur le papier, c'est un vrai gage de sérieux.

Le problème n'est donc pas la définition.

C'est de savoir ce qui a réellement été certifié.

L'Uptime Institute distingue trois phases de certification, à différents moments de la vie d'un datacenter.

La Tier Certification of Design Documents vérifie que la conception du datacenter répond aux critères du Tier visé. C'est une validation du design, avant la construction.

La Tier Certification of Constructed Facility intervient ensuite. Elle vérifie que le datacenter construit correspond au design certifié et qu'il est capable de répondre aux exigences de performance définies. Le processus comprend notamment des démonstrations des systèmes dans des conditions réelles.

Enfin, la Tier Certification of Operational Sustainability s'intéresse à l'exploitation : les pratiques, procédures et comportements qui permettent de maintenir dans la durée le niveau de performance attendu. Cette troisième phase intervient après les certifications de design et de construction.

Autrement dit : une certification Tier III de design ne signifie pas, à elle seule, que l'installation construite a également été certifiée Tier III.

C'est une nuance importante.

Parce qu'entre un plan et un bâtiment, il y a la construction. Des modifications, des choix techniques ou des écarts peuvent intervenir en cours de route. C'est précisément pour cela que la certification de l'installation construite existe : elle vérifie que le datacenter livré correspond au design certifié et qu'il atteint les exigences attendues.

Et il existe une autre nuance à connaître : des expressions comme « Tier III equivalent », « aux standards Tier III » ou « construit selon Tier III » ne signifient pas nécessairement qu'Uptime Institute a certifié l'installation.

Le mot important n'est donc pas seulement Tier III. C'est : certifié par qui, quoi, et à quel stade ?

Trois questions suffisent à commencer la vérification avant de signer.

À quel stade exactement ? Design, installation construite ou exploitation ?

Quel site est concerné ? La certification porte sur une installation et peut préciser une phase, une salle, un pod, un module ou une autre partie du site. Il faut donc vérifier qu'elle correspond bien au datacenter utilisé pour votre infrastructure.

La certification est-elle vérifiable ? L'Uptime Institute publie une liste des sites certifiés. Une vérification externe vaut toujours mieux qu'une certification simplement mentionnée sur une plaquette.

→ Vérifier une certification

Vérifier une certification Tier III ne couvre d'ailleurs qu'un angle de la confiance numérique : la résilience de l'infrastructure physique.

La manière dont les données sont protégées et gérées au quotidien en est un autre. C'est notamment ce que couvre l'ISO 27001.

Deux normes différentes, deux sujets différents, un même principe :

ça se vérifie. Ça ne se déclare pas sur une plaquette, même quand c'est nous qui l'avons écrit la première fois.

La certification Tier III n'est qu'un exemple.

Le même écart entre l'étiquette et ce qu'elle recouvre réellement se retrouve ailleurs : souveraineté, conformité, sécurité.

À chaque fois, la question à poser reste la même :

jusqu'où, exactement ?

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