Aset, la beauté camerounaise prend rendez-vous en ligne
Publié le 3 juillet 2026
Yaoundé compte des centaines de salons de coiffure, d'esthéticiennes, de coachs bien-être et de praticiens paramédicaux. La plupart n'ont pas de site internet. Beaucoup n'ont pas de système de réservation. Certains n'ont même pas de vitrine physique visible depuis la rue. Pour un client qui ne connaît pas le bon contact, trouver un prestataire fiable revient souvent à faire confiance à un numéro WhatsApp transmis par une amie. C'est sur ce marché, informel et dense, que Rosalie Mandeng a décidé de construire ASET.
L'idée ne vient pas d'une étude de marché. Elle vient d'une frustration personnelle. Rosalie vend des extensions capillaires sous sa propre marque, Nappy Me, et cherche régulièrement des coiffeuses capables de travailler avec ses produits. Trouver la bonne personne, avec le bon niveau technique, disponible au bon moment, lui prend à chaque fois un temps disproportionné. Le secteur croît vite, les compétences existent, mais rien ne permet de les localiser efficacement.
ASET, lancée en 2024, tente de combler ce vide. La plateforme référence des prestataires dans sept catégories : beauté et esthétique, bien-être et relaxation, coaching, mode et image, paramédical, événementiel et vente. Les professionnels sont vérifiés avant d'être listés. Un diagnostic peau et cheveux intégré oriente les utilisateurs vers les prestataires les mieux adaptés à leur profil. La réservation se fait directement depuis l'application.

La cible initiale est révélatrice des choix faits par la fondatrice : touristes, expatriés et voyageurs de passage. Des personnes sans réseau local, qui ont besoin d'une adresse de confiance rapidement et n'ont pas le temps de tâtonner. C'est un segment plus étroit que le grand public yaoundéen, mais plus facile à convaincre et plus propice à générer des avis vérifiables. Une façon de construire la réputation de la plateforme avant d'élargir.
Du côté des prestataires, ASET propose aussi des outils de visibilité et des campagnes marketing. C'est là que le modèle devient plus complexe à évaluer : convaincre des professionnels habitués au bouche-à-oreille de payer pour une présence digitale demande du temps et de la pédagogie. Rosalie Mandeng en a conscience. Son propre parcours, entre une marque de boisson détox abandonnée faute d'accompagnement et une activité d'extension capillaire menée en parallèle de ses études, lui a appris ce que coûte l'absence de structure. « Le principal challenge était le manque d'accompagnement. J'étais très seule », dit-elle. C'est précisément ce qu'elle cherche à éviter à ses prestataires.

Les objectifs annoncés sont ambitieux : 600 prestataires actifs et payants d'ici 2027, 1 500 à moyen terme, puis une expansion en zone CEMAC. Des chiffres qui supposent une adoption rapide dans un marché où la digitalisation des indépendants reste lente. La vraie question n'est pas de savoir si le besoin existe, il existe clairement, mais à quelle vitesse les professionnels du secteur sont prêts à changer leurs habitudes.
Le pari d'ASET, au fond, est moins technologique qu'humain. La plateforme ne résout pas un problème d'algorithme, elle essaie de réorganiser un marché qui fonctionne depuis toujours sur la confiance interpersonnelle. Transformer ça en confiance numérique, vérifiable et scalable, c'est le vrai travail qui reste à faire.
ASET est incubée par Enovation Factory, incubateur partenaire de Hodi au Cameroun.
ASET fait partie des startups accompagnées par Hodipulse_, le programme de présence en ligne dédié aux startups africaines en phase d'amorçage._
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